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Plus de 600 entreprises de fournitures médicales menacées

Lors d'une conférence de presse organisée au siège de l'UTICA à Tunis, la Chambre syndicale nationale des fournitures médicales, relevant de l'UTICA, a tiré la sonnette d'alarme, ce  mardi, face à la grave crise financière que traverse le secteur, en raison de l'accumulation des créances des entreprises fournisseurs auprès du ministère de la Santé et, dans une moindre mesure, de la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM). Elle estime que la poursuite des retards de paiement menace la survie de plus de 600 entreprises et risque de perturber l'approvisionnement des hôpitaux en fournitures médicales ainsi que la maintenance des équipements.

Le président de la Chambre, Lotfi Ben Yedder, a expliqué que les entreprises ne sont plus en mesure de constituer les stocks nécessaires pour répondre aux besoins des établissements de santé. Selon lui, la situation pourrait rapidement entraîner des pénuries de dispositifs médicaux et affecter le déroulement des interventions chirurgicales ainsi que la qualité des soins.

Il a précisé que certaines factures impayées remontent à 2020, tandis que des créances des années 2025 et 2026 n'ont toujours pas été réglées. 

"Cette situation a asséché la trésorerie des entreprises, dont plusieurs ont déjà suspendu leurs activités commerciales pour tenter de récupérer leurs créances. La majorité des sociétés concernées étant des petites et moyennes entreprises, elles peinent désormais à payer leurs salariés et à honorer leurs engagements financiers", a-t-il expliqué.

Les importations sous pression

La Chambre a, également, mis en garde contre les conséquences de cette crise sur les importations de matériel médical. Les fournisseurs étrangers commencent à perdre confiance dans le marché tunisien et pourraient exiger des paiements anticipés ou des garanties bancaires avant toute livraison, ce qui compliquerait davantage l'approvisionnement du pays.

Ultimatum fixé, le 31 août

Le vice-président de la Chambre, Slim Ammar, a averti, lui, que le secteur pourrait se retrouver en situation de « force majeure », si les créances des entreprises ne sont pas réglées avant le 31 août 2026. Il a souligné que les professionnels souhaitent poursuivre leurs activités, mais qu'ils ne disposent plus des moyens financiers nécessaires.

Dans un communiqué, publié à l'issue de la conférence de presse, la Chambre a appelé les autorités à intervenir en urgence pour régler les sommes dues et préserver un secteur qu'elle considère comme essentiel à la continuité du service de la santé publique.

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